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Services consulaires : « La pandémie a souligné les insuffisances en termes de moyens humains »


Stéphane Fanucchi, tête de liste « Agissons ensemble (Mouvement citoyens pour l’écologie et la solidarité) soutenu par EELV, pour les Français du Portugal »

Cela fait 13 ans que Stéphane Fanucchi, tête de liste de « Agissons ensemble » est installé au Portugal. Engagé auprès d’Europe Écologie Les Verts (EELV), il est soucieux des questions écologiques et environnementales, valeurs qu’il souhaite porter dans toutes les actions entreprises avec l’administration française au Portugal. Il déplore l’augmentation « intolérable » des frais scolaires des lycées français et défend, entre autres, l’augmentation du budget des bourses et la révision des barèmes d’attribution de ces dernières.


Pourquoi êtes-vous candidat aux élections consulaires ? Quelles sont vos motivations ?


Je voudrais tout d’abord me présenter rapidement pour vos lecteurs qui ne me connaîtraient pas. J’ai 43 ans et je suis installé au Portugal depuis 13 ans maintenant. J’ai une formation en Administration, Économie et Social que j’ai renforcée par une licence en Relations Internationales. Je suis actuellement responsable de service dans l’informatique et j’ai eu l’occasion d’être auto entrepreneur lors de mon arrivée à Lisbonne quand j’ai été gérant d’un café-bar. Ceci m’a permis de bien connaître les difficultés que l’on peut rencontrer pour créer une entreprise lorsque l’on est Français sans parler la langue locale, mais aussi de rencontrer énormément de Français vivant au Portugal et de bien connaître leur quotidien et leurs attentes. Dès lors, pourquoi je me candidate à ces élections consulaires ? Ma première motivation est de pouvoir aider tous les Français qui sont installés au Portugal, d’être leur voix auprès des institutions françaises et de les représenter le mieux possible en les consultant et en les écoutant régulièrement pendant toute la durée du mandat. Je souhaite, avec l'équipe que nous avons réunie dans tout le pays et qui travaille déjà depuis l'année dernière, pouvoir être le véritable relais de tous les Françaises et Français vivant au Portugal. Aussi, comme nombre de concitoyens, les questions écologiques et d’environnement, de ce que nous mangeons et de ce que nous respirons, l’état de la planète que nous allons laisser à nos enfants, me touchent de plus en plus. C’est pourquoi j’ai décidé de m’engager auprès d’Europe Écologie Les Verts, et j’aurais le plaisir et toute l’énergie de porter ces valeurs dans toutes les actions entreprises avec l’administration française au Portugal (Ambassade, représentations consulaires, associations, écoles, etc.).


Pouvez-vous nous parler des candidats qui composent votre liste ? Comment les avez-vous sélectionnés ?

Au long de ces 13 années de vie au Portugal, ce sont des personnes que j’ai pu apprendre à connaître et je sais que chacun d’entre eux partage les mêmes valeurs d’entraide, de solidarité et de préoccupation environnementale, de dynamisme et d'entrepreneuriat. Ils sont tous, d’une manière ou d’une autre, impliqués dans la vie de la communauté française au Portugal qu’ils connaissent bien pour être soit parent d’élèves dans un des lycées français, c’est le cas de Sylvia Frango (qui est l’ancienne directrice d’Atout France et qui est désormais directrice de marketing dans le privé), soit retraitée du milieu juridique (c’est le cas de Clotilde qui vit dans l’Algarve), ou de la comptabilité comme Jean-François Commes de Porto, ou soit exercer dans le milieu associatif ou social (c’est le cas d’Isabelle Poinsot Romão et de Miguel Silva) ou bien en étant comme moi auto entrepreneur (c’est le cas de David Faneca d’Aveiro). Avec cette équipe nous couvrons les quatre coins du pays, ce qui nous permet d’être constamment proches de tous les Français et de pouvoir les écouter en continu et donc d’être constamment au fait de leurs problématiques. Cela nous permettra d’avoir la capacité de relier en temps réel leurs voix auprès des autorités françaises et ainsi d’apporter des réponses rapides à tous types de soucis ou de préoccupations.


Si vous êtes élu, quelles seront vos principales priorités ?


Compte tenu du contexte actuel de crise économique et sociale générée par la pandémie de la Covid 19, de laquelle, selon certains experts, nous ne sortirons probablement qu’à l’automne, ma première priorité sera d’aider les familles et toutes les personnes françaises en difficulté en les assistant, en les conseillant et en les aiguillant vers les bonnes institutions ou mécanismes d’aide. Et aussi en faisant pression sur les autorités françaises pour que celles-ci appuient rapidement et concrètement la communauté française en utilisant les fonds d’aide attribués qui n’ont pas été encore alloués. D’autre part, l’éducation des enfants des Français vivant au Portugal est une des principales préoccupations d’aujourd’hui, notamment l’augmentation intolérable des frais scolaires dans les lycées français. L’accès aux services consulaires, malgré les avancées de la dématérialisation des démarches administratives, reste une véritable problématique pour nos citoyens habitant dans le pays. La pandémie a souligné les insuffisances en termes de moyens humains après tant d'années de désagrégation de la présence française à l'étranger et au Portugal en particulier. Le support aux jeunes étudiants ainsi qu’aux entrepreneurs sera aussi un des chantiers prioritaires. Sans oublier l’aide aux Français retraités qui sont déjà ici ou ceux qui souhaitent venir s’installer au Portugal. EELV des Français hors de France a élaboré un programme qui contient plus d’une centaine de propositions sur tous ces thèmes qui touchent les Français, j’invite tout le monde à le consulter.


Les deux lycées français à Lisbonne et Porto n’ont pas assez de places pour répondre à la demande croissante. Quelles solutions proposez-vous pour maintenir une éducation en français ?


La question de l’accès à l’enseignement de leur choix pour leurs enfants est un sujet qui préoccupe particulièrement les familles françaises résidant à l’étranger, qui sont légitimement très attachées à ce que leurs enfants puissent recevoir une éducation en français. Avoir une place pour son enfant dans un lycée français de Lisbonne ou Porto est une priorité absolue pour les parents résidant au Portugal. Néanmoins, la problématique du manque de place représente seulement une partie du problème qu’affrontent les parents. En effet, le budget alloué aux bourses scolaires bien comme le barème d’attribution, mais aussi la constante augmentation des frais scolaires sont d’autres éléments qui affectent les familles dans leur capacité à pouvoir mettre leurs enfants dans le réseau d’éducation français. Nous sommes aujourd’hui dans cette situation parce que ces dernières années l’État français s’est désengagé volontairement en sous investissant dans les établissements d’enseignement à l’étranger, ceci afin de laisser la place à des partenaires privés pour prendre naturellement les parts de marché abandonnées par la France. Mais à quels coûts pour les Français de l’Étranger ? Avec EELV des Français hors de France, nous proposons toute une série de mesures telles que l’arrêt de la dérive vers un système dans lequel la charge du financement repose de plus en plus sur les seuls parents, l’augmentation substantielle du budget des bourses, la révision des barèmes d’attribution de ces bourses pour diminuer les inégalités et rendre plus accessible et la diminution des frais pour accéder à l’enseignement à distance (CNED).


Depuis 2014, le profil des Français au Portugal a changé. Même si la majorité reste des retraités, aujourd’hui un grand nombre d’entre eux sont des actifs. Quelles sont les perspectives pour les Français qui décident d’entreprendre au Portugal ?


Effectivement depuis 2014 de nombreux Français se sont laissés séduire par les divers avantages que propose le Portugal : le soleil, la mer, le coût de la vie moins cher et la proximité avec la France. Le tourisme mais aussi d’autres secteurs d’activité s’y sont développés, notamment les nouvelles technologies, et de nombreux actifs Français, qui avaient ou pas un lien de famille avec le Portugal, ont tenté l’aventure en venant s’implanter ici. Très clairement, les autorités françaises locales à cause notamment de la réduction des budgets et donc des effectifs ont fait face à des difficultés pour répondre au besoin de la vague bleue qui a déferlé sur le Portugal. Je pense qu’il y a eu aussi un manque de réactivité des Conseillers des Français de l’Étranger actuellement en poste qui n’ont pas alerté à temps les services consulaires afin qu’ils s’adaptent à la demande croissante. Pour pallier ce manque, de nombreuses initiatives privées se sont mises en place et nous avons vu des dizaines de groupes d’entraide entre Français se créer sur les réseaux sociaux. La récente crise pandémique a complètement changé la donne et de nombreux Français se sont retrouvés en difficulté, certains parce qu’ils avaient investi dans une activité liée directement ou indirectement au tourisme, ce qui a mené ces derniers mois beaucoup de nos compatriotes à devoir rentrer en France. Je suis de nature optimiste et je suis convaincu que le Portugal reste un pays attractif où il vaut la peine d’investir et/ou de venir s’installer. Nous avons dans notre programme EELV Français hors de France plusieurs mesures qui ont pour objectifs de soutenir tous les types d’initiatives privées et les VIE (Volontariat international en entreprise), avec par exemple le regroupement des démarches administratives et légales, la création d’un guichet unique pour Business France et les chambres de commerce ou la relance du programme d’accompagnement des startups françaises French Tech. Quand on a envie d'entreprendre au Portugal on peut réussir de belles choses, certes je pense qu'il faut être néanmoins accompagné et conseillé sur l'environnement économique local. Voilà aussi ce que nous aimerions faire pour les PME/TPE françaises du Portugal.


La crise sanitaire que nous traversons nous rappelle l’importance d’un système de santé efficace. Comment améliorer l’accès d’une couverture santé pour les Français qui souhaitent rester au Portugal ?


La mobilité des personnes dans le monde s’accélère et de plus en plus de Français effectuent des périodes d’expatriation tout au long de leur vie, plus ou moins longues suivant les cas. Et il est vrai que la question de la qualité de la couverture santé dans le pays qui va nous accueillir est chaque fois plus déterminante dans le choix de l’expatriation. Le système d’assurance maladie pour un Français vivant à l’étranger varie selon si vous êtes dans un pays européen ou dans un autre pays et varie suivant votre situation (étudiant, travailleur, retraité, etc.). Ce système couvre plutôt bien l’ensemble des situations pour les Français installés au Portugal, mais il n'a pas la qualité de l'accompagnement d'une mutuelle française. Certes il existe néanmoins la Caisse des Français de l’Étranger CFE qui est un organisme de sécurité sociale auquel tout Français peut adhérer à l'étranger, mais il est cher et méconnu et mériterait qu'il soit mieux soutenu, que ses critères soient remis à plat afin d’être plus justes et mieux adaptés à la réalité des Français de l'étranger.


L’an dernier, le gouvernement portugais a modifié le statut du RNH, en accordant une imposition sur les pensions de retraite du privé taxées à hauteur de 10 %. Que pensez-vous de cette mesure qui touche directement un bon nombre de Français au Portugal ?


Ces dernières années, de nombreux retraités français sont venus s’installer au Portugal notamment motivés par l’avantage fiscal proposé par les autorités Portugaises avec le statut RNH (en français : Résident non habituel), qui d’ailleurs ne s’applique pas seulement aux personnes recevant une pension mais aussi à certaines catégories d’actifs. Tout d’abord, cette mesure ne s’applique qu’aux nouveaux demandeurs à partir du 1er avril 2021 et donc ne concerne pas les retraités qui en bénéficient déjà. D’autre part, cette évolution récemment décidée par l’État portugais ne concerne que l’imposition sur les pensions de retraite qui deviendraient taxables à hauteur de 10 % (contre auparavant une possible exonération totale), mais qui pourrait se réduire suite à des abattements. C’est pourquoi je pense que cette mesure aura un effet limité et ne devrait pas ou très peu décourager les futurs intéressés à venir s’installer au Portugal.


Pour conclure cet entretien, j’encourage tous les Français de s’inscrire sur leur liste électorale et d’exprimer leur choix du 21 au 26 mai par vote électronique ou le 31 mai à l’urne. Les Françaises et Français du Portugal ont le choix du changement et de l’action solidaire à travers la liste « Agissons ensemble (Mouvement citoyens pour l’écologie et la solidarité) soutenu par EELV, pour les Français du Portugal ».

Retrouvez toutes les informations de la liste « Agissons ensemble (Mouvement citoyens pour l’écologie et la solidarité) soutenu par EELV, pour les Français du Portugal » sur leur site et réseaux sociaux.


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