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Bruno Frentzel sur le statut RNH à 10 % : « Une mesure qui rétablit partiellement l’équité »


Bruno Frentzel (le troisième en partant de la droite) et l'ensemble des candidats de la liste « Français, j’ai choisi le Portugal »

Bruno Frentzel est le cofondateur du mouvement « Français, j’ai choisi le Portugal », liste soutenue par « La République en Marche ». S’il est élu conseiller des Français de l’étranger lors du scrutin du 30 mai, il assure qu’il siégera au comité de pilotage de l’enseignement français et à celui des bourses afin de veiller « à ce que les intérêts des familles françaises y soient défendus ». Concernant le statut du Résidant Non Habituel (RNH) désormais taxé à hauteur de 10 %, il défend qu’il s’agit d’une « mesure qui rétablit partiellement l’équité » et que ce taux « reste très compétitif au regard des autres pays européens ».


Pourquoi êtes-vous candidat aux élections consulaires ? Quelles sont vos motivations ?


Je suis cofondateur du mouvement « Français, j’ai choisi le Portugal » qui est désormais également la liste officielle soutenue par la « République en Marche » pour les élections des conseillers des Français de l’étranger. Nous sommes tous des acteurs de la société civile, démocrates, européens humanistes et nous croyons dans le progrès pour tous. Nous sommes depuis plus d’un an maintenant déjà à l’écoute des besoins des Français au Portugal et nous avons agi tous les jours pour trouver des solutions : que ce soit durant la pandémie dans la production et distribution gratuite de masques, dans la résolution de dossiers administratifs complexes pour des aînés, dans l’aide aux entrepreneurs et jeunes actifs et apprentis pour leur intégration, ou bien encore dans des actions concrètes pour la préservation de l’environnement. Nous pensons qu’en étant élus en tant que conseillers nous pourrons davantage aider nos concitoyens, mieux les informer et relayer auprès du consulat et de l’ambassade et des instances nationales françaises et portugaises leurs préoccupations et leurs problèmes. C’est toute l’équipe de « Français j’ai choisi le Portugal » qui soutiendra le conseiller pour une meilleure intégration au Portugal de tous les Français.


Pouvez-vous nous parler des candidats qui composent votre liste ? Comment les avez-vous sélectionnés ?


Trois femmes et trois hommes complètent notre liste et qui sont à l’origine de notre mouvement. Ils ont été sélectionnés sur la base de leur contribution et de leur volonté d’engagement durable dans le soutien à nos concitoyens. Sylvie Gonçalves, seconde de liste, est Formatrice et luso-française basée à Porto. Elle couvre la région nord/nord-est. Elle est engagée dans la vie associative locale, elle assiste les nouveaux arrivants et a une attention particulière pour les problèmes que rencontrent les étudiants, les actifs travaillant dans les call centers et les centres de développement ainsi que pour les aînés. Alicia Gilet est une photographe et webmaster. Elle est basée à Costa da Caparica et est en charge de Setúbal et de l’Alentejo. Alicia est également à l’écoute de problèmes des jeunes actifs ou étudiants et gère notre communication sur les réseaux sociaux. Josyanne Dupuis Prudêncio Francisco retraitée est basée à Leiria et couvre la région centre-ouest. Elle est responsable des actions pour l’aide à l’accueil des apprentis et stagiaires, elle est également engagée dans de nombreux programmes, notamment pour la préservation des espèces animales. Victor Nunes est Luso-Français, retraité et responsable d’association, il couvre l’Algarve où son action au service des retraités et résidents français est plébiscitée par tous ceux qui ont eu recours à ses services. Yann Saillard est consultant et généalogiste. Il est aussi l’attaché parlementaire de notre députée Samantha Cazebonne. Basé à Lisbonne et fréquemment en mission sur Paris, il est un relais essentiel pour la remontée et la résolution de dossiers auprès des élus nationaux et des administrations centrales ou des organismes sociaux. Ici encore, ceux qui ont eu recours à ses services peuvent témoigner de son efficacité. Bernard Verguet, entrepreneur, Franc-Comtois de naissance, est basé à Torres Vedras en charge du Ribatejo. Il est notre M. Environnement et publie fréquemment sur notre site ou notre page Facebook des conseils et des informations sur comment mieux consommer l’énergie et comment préserver l’environnement. Il amène dans le cadre de son activité professionnelle des solutions très innovantes en matière de transition énergétique.


Si vous êtes élu, quelles seront vos principales priorités ?


Notre devise c’est « écouter et agir » et ce sont aussi nos priorités.


Écouter :


C’est aller sur le terrain à la rencontre des Français. C’est écouter et comprendre les situations, interrogations et problèmes et les faire remonter pour trouver des réponses et des solutions. C’est aussi être disponible pour visiter ceux qui sont seuls ou en difficulté pour : juste parler notamment après cette période de la pandémie et donner du réconfort ; et/ou recueillir leur témoignage qui peut faire écho auprès des Français qui ont les mêmes questions afin que leur voix soit entendue par les décideurs.


Agir :


C’est être présent et force de proposition dans toutes les instances ou les conseillers peuvent apporter une contribution, bourses scolaires, aides sociales, aides pour les associations et conseils. C’est informer les Français du Portugal, comme nous le faisons déjà au travers de notre site web et nos réseaux sociaux en faisant part de nos actions et en partageant des retours d’expérience utiles aux Français du Portugal. C’est également mobiliser les associations, institutions dans les deux pays pour favoriser l’intégration au Portugal de tous, participer activement à la préservation de l’environnement et aussi vivre ensemble des moments de convivialité et de partage après cette période de pandémie qui nous a isolés les uns des autres. Des rencontres seront donc organisées tout au long de l’année avec les Français dans chaque région. C’est aussi contribuer aux projets permettant d’améliorer la vie des Français du Portugal. Pour citer quelques exemples concrets, nous veillerons, à la suite de l’attribution du dispositif Consuléo par l’Ambassade, à la mise en place de tournées consulaire permettant aux personnes ayant des problèmes de mobilité de faire leurs papiers d’identité dans l’agence consulaire près de chez eux. Nous serons aussi attentifs à ce qu’aboutisse le projet de transfert d’échange de données d’état civil entre les caisses de retraite française et portugaise, afin de supprimer les demandes annuelles de certificat d’existence, ce qui soulagera les retraités du système français.


Les deux lycées français à Lisbonne et Porto n’ont pas assez de places pour répondre à la demande croissante. Quelles solutions proposez-vous pour maintenir une éducation en français ?


La question de la capacité d’accueil des Lycées français de Porto et de Lisbonne est un problème depuis plusieurs années à la suite de l’arrivée massive de nombreux Français au Portugal. Il est primordial que les familles françaises, qui le souhaitent, puissent maintenir leur enfant dans le système français et il est tout aussi primordial pour le rayonnement de la France que des familles portugaises puissent continuer à en bénéficier. Pour pallier ces problèmes capacitaires, de nouveaux projets sont en cours. L’Ambassadrice de France a mis en place un comité de pilotage biannuel de l’Enseignement français au Portugal, suivant ainsi une des recommandations de l’excellent rapport sur ce sujet de notre députée Samantha Cazebonne, qui en tant qu’ancienne proviseure, est la parlementaire la plus engagée sur ce thème. Ce comité de pilotage réunit tous les établissements actuels et futurs, les élus et les parents d’élèves. Il permet de coordonner les actions permettant d’élargir l’accès à l’enseignement français pour les Français, mais aussi les Portugais. À Lisbonne, où la situation est la plus critique, il y a actuellement des travaux au lycée français de Lisbonne et des projets sont à l’étude pour lui permettre d’avoir plus de capacité d’accueil. La Redbridge School a ouvert en septembre une classe de 6e et va ouvrir dans le futur d’autres classes de collège. Une nouvelle école maternelle,l’École Trilingue, va s’ouvrir à la rentrée prochaine dans le quartier du Restelo, près de Belém. À Porto, il y a eu des travaux d’extension qui ont permis une augmentation des effectifs de 18% sur 5 ans. Si la majorité des familles est concentrée dans les régions de Lisbonne et de Porto, il faut aussi s’intéresser à celles d’autres régions du Portugal, comme l’Algarve ou la région de Setúbal par exemple. Pour les familles plus isolées, il faut développer des offres alternatives comme les classes bilingues reconnues par le Label France Éducation au sein des établissements portugais, qui sont de qualité. Il faut s’appuyer sur notre excellent réseau d’Alliances françaises, encourager les activités Français Langue Maternelle (FLAM) ou le recourt à l’enseignement à distance du CNED ou des classes virtuelles de l’Ensino Ker Lann. Tous ces enseignements peuvent avoir un coût conséquent pour les familles et la France doit continuer à aider les familles via les bourses scolaires et s’assurer que les critères d’attribution sont justes. Les nouveaux projets d’extension de capacité devront se faire avec un contrôle strict des coûts pour ne pas augmenter les frais de scolarité. En tant que conseiller des Français de l’étranger, je siégerai au comité de pilotage de l’enseignement français et à celui des bourses et je veillerai à ce que les intérêts des familles françaises y soient défendus.


Depuis 2014, le profil des Français au Portugal a changé. Même si la majorité reste des retraités, aujourd’hui un grand nombre d’entre eux sont des actifs. Quelles sont les perspectives pour les Français qui décident d’entreprendre au Portugal ?


Je pense que le Portugal est très attractif pour les entrepreneurs à condition de disposer d’une offre de produits et de services s’adressant au marché international et que l’on peut développer, produire et commercialiser à partir du Portugal. Le Portugal est attractif par le potentiel en termes de compétences et d’adaptabilité des Portugais et Portugaises et aussi des expatriés de tous les pays et notamment européens venus s’installer au Portugal. Nous avons depuis un an conseillé plusieurs entrepreneurs en nous concentrant sur les innovateurs et en recherchant des financements et des marchés. Nous sommes aussi attentifs aux préoccupations des salariés, notamment des centres d’appel et autres multinationales ainsi que des PME, qui représentent également une grande majorité des actifs dans le pays. Nous mettons à disposition un service d’écoute par le biais d’un mail info@jaichoisileportugal qui est géré par nos colistières Sylvie Gonçalves et Alicia Gilet et sur lequel ils peuvent formuler leurs questions, leurs attentes, leurs témoignages, ou leur souhait de recontacte téléphonique pour ceux qui le souhaitent. Cette communication rapprochée est indispensable pour nous permettre de porter leur message aux instances représentatives des Français de l’étranger, l’ambassade, le consulat, mais aussi députés et sénateurs afin qu’ils soient également entendus.


La crise sanitaire que nous traversons nous rappelle l’importance d’un système de santé efficace. Comment améliorer l’accès d’une couverture santé pour les Français qui souhaitent rester au Portugal ?


La couverture santé au Portugal est globalement bonne. En qualité, la médecine est d’un bon niveau et offre un secteur public et un secteur privé très compétent. La couverture par le système de protection sociale portugais est ouverte aux Français, l’inscription au « centro de saúde » peut parfois prendre du temps et devrait être améliorée dans l’avenir avec la simultanéité prévue avec l’obtention de la résidence fiscale. Il est essentiel de souscrire une assurance santé complémentaire si l’on recourt de manière récurrente à la médecine privée, d’un accès plus rapide. En dehors des mutuelles internationales ou de la CFE d’un coût assez élevé, la principale association de consommateurs DECO PROTESTE identifie de manière régulière les meilleures couvertures offertes qualité/prix, comme par exemple la MGEN française, qui assure le risque à la fois en France et au Portugal.


L’an dernier, le gouvernement portugais a modifié le statut du RNH, en accordant une imposition sur les pensions de retraite du privé taxées à hauteur de 10 %. Que pensez-vous de cette mesure qui touche directement un bon nombre de Français au Portugal ?


En effet, un bon nombre de retraités français bénéficient du statut du RNH et ne sont pas imposables pendant 10 ans. Certains ont saisi l’opportunité qui leur était offerte de s’installer au Portugal pour payer moins d’impôts, mais beaucoup sont venus avant tout au Portugal pour la qualité de vie. La réforme ne touchera pas les retraités bénéficiant actuellement de la non-imposition, mais seulement les nouveaux demandeurs de ce statut. Sur le fond de cette mesure, je pense que lorsque l’on décide de résider dans un autre pays et donc de bénéficier de ses infrastructures, de ses services, de la qualité et sécurité de vie telle que la protection de la police ou de pompiers, il est normal de payer un impôt. Le statut de RNH à taux zéro n’avait de toute façon pas vocation à perdurer. Autorisé par l’UE pour aider à la relance, il était de plus en plus contesté voir remis en cause par certains États Européens. De plus, il était source d’iniquité au regard de nos concitoyens portugais qui payent souvent un impôt conséquent. Le fait que ce statut perdure allait à terme augmenter le ressentiment à l’égard des expatriés au Portugal et apparaissait potentiellement comme un frein à la bonne intégration. Le statut RNH à 10 %, quand bien même apparaît-il comme une perte d’avantage fiscal significatif, est donc une mesure qui rétablit partiellement l’équité. Ce taux reste très compétitif au regard des autres pays européens au regard des services dont nous bénéficions au Portugal. Il faut également rappeler que cette taxation de 10 % n’est pas applicable aux personnes qui étaient déjà inscrites en tant que RNH et elle n’est pas non plus applicable aux personnes ayant effectué un achat de bien jusqu’au 31 mars 2020, s’ils ont fait la demande du statut en tant que résidents fiscaux au Portugal avant le 31 mars de 2021.

Retrouvez toutes les informations de la liste « Français, j’ai choisi le Portugal » sur leur site et leur page Facebook.

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